A bord d’un petit voilier expérimental en fibre de jute « Tara Tari » (« vite » en bengali), un jeune Breton a sillonné les mers pendant six mois, du delta du Gange à La Ciotat. Une aventure qui vise à récolter des fonds pour venir en aide au Bangladesh.
Parti en février du village de pêcheurs de Koakata, dans le sud du Bangladesh, Corentin de Chatelperron, 27 ans, vient de rejoindre les côtes méditerranéennes après un périple éprouvant pour un ingénieur sans grande expérience de la navigation.
Son fragile bateau de neuf mètres de long sur deux de large est construit essentiellement à base de matériaux recyclés. Dessiné sur le modèle des embarcations de pêche du golfe du Bengale, le voilier « Tara Tari » est « le premier bateau à intégrer de la fibre de jute à hauteur de 40% », assure le porteur du projet.
L’idée est de « développer une alternative » à la fibre de verre qui commence à arriver dans la construction navale du Bangladesh, alors que le bois se raréfie, après avoir déjà envahi l’Inde et le Sri Lanka.
Le recours à ce composite énergivore, ni dégradable ni recyclable, est « un désastre écologique », selon Corentin de Chatelperron. Et « cela ne participe pas tellement au développement des pays car c’est un savoir-faire détenu par des entreprises occidentales ».
A l’inverse, la fibre de jute est une fibre naturelle peu coûteuse qui pousse sur place. D’un point de vue économique, son utilisation dans la fabrication de bateaux pourrait relancer une industrie qui représentait encore dans les années 1990 la principale source d’exportation du Bangladesh et faisait vivre des millions de paysans et d’ouvriers, mais est aujourd’hui menacée par le plastique.
Après ce périple concluant, le jeune ingénieur espère réunir les fonds nécessaires (30.000 à 100.000 euros) à la création sur place d’un centre de recherche pour travailler sur la fibre de jute.
Mais pas seulement, souligne le navigateur français Yves Marre, venu au Bangladesh depuis la France à bord d’une péniche en 1994, et fondateur de l’ONG Friendship et du chantier naval « Tara Tari », associés au projet.
Lle voilier Tara Tari sera bientôt exposé au Grand Pavois de La Rochelle, puis au salon nautique de Paris en décembre. Ensuite, son skipper retournera, par les airs cette fois, au Bangladesh pour poursuivre l’aventure.
Crédit photo : AFP
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