Une interview avec Isabelle Jéhannin, réalisatrice du documentaire « Un monde pas tout à fait mortel » | Le Blog des Générations Futures

Une interview avec Isabelle Jéhannin, réalisatrice du documentaire « Un monde pas tout à fait mortel »

Voir l'image en plus grandePar Laura Icart

Isabelle Jehannin a réalisé un documentaire sur les pesticides et leurs conséquences, intitulé « Un monde pas tout à fait mortel » , enquête sur les pesticides. Elle nous a accordé un petit entretien.

Pourquoi avoir choisi de traiter un sujet aussi épineux que l’utilisation des pesticides et leurs conséquences sur la santé humaine ?

Les pesticides sont un sujet tabou, et c’est justement ce qui est le plus scandaleux. Je voulais lever le voile sur ce problème. La plupart des gens ignorent complètement le danger qu’ils représentent dans leur alimentation quotidienne. Sans compter la pollution des sols qu’ils génèrent. L’objectif de mon film est atteint lorsque les gens me disent qu’ils ont appris des choses. J’espère que cela leur permettra d’ouvrir les yeux sur leur manière de consommer et ne pas prendre pour argent comptant les informations qu’on veut bien nous fournir.

« Un monde pas tout à fait mortel » : pourquoi avoir choisir ce titre ?

C’est un peu de l’humour noir. En effet, certains disent que les pesticides ne sont pas mortels. D’autres, qu’ils ne sont pas « tout à fait » mortels, malgré toutes les conséquences que cela implique. A mes yeux c’est une ambiguïté dangereuse dont on ne mesure pas les risques pour la santé et l’environnement.

Les différents témoignages sur les dangers des pesticides sont éloquents. Comment expliquez-vous le silence des pouvoirs publics alors que la santé humaine semble clairement menacée ?

C’est très simple les lobbying ce sont eux qui sont les plus puissants, ils exercent une pression importante pour que les pouvoirs publics se taisent. Ils ont souvent plus de moyens financiers que les Etats eux même, et ils ont le pouvoir de dissimuler certaines études compromettantes pour leurs produits.

Votre film dénonce précisément, au travers des témoignages recueillis, les dangers des pesticides. Quel est celui qui vous a le plus marquée et pourquoi ?

J’ai été particulièrement marquée par le témoignage de l’ancien vendeur de pesticides. Dans le documentaire, il reconnaît que son discours était formaté par la firme pour laquelle il travaillait. Il se rend compte que tout ce qu’il a dit pendant des années était faux.

Finalement, est-ce qu’il y a lieu de s’inquiéter?

Plus que jamais, nous vivons dans un pays où 90 % des cours d’eau et 80 % des nappes phréatiques sont pollués. Le week-end dernier, je suis allée me promener en vélo dans la Meuse, où je vis. J’ai été obligée de traverser un champ de céréales qui venait d’être traité. Il dégageait une odeur de pesticides que j’ai par conséquent respirée. La preuve que nous sommes tous concernés, en milieu rural comme en milieu urbain. Partout, nous sommes susceptibles de respirer ou consommer des résidus de pesticides. Le plus inquiétant, c’est que je ne vois aucun changement arriver malgré les promesses du Grenelle de l’environnement.

Dans « Un Monde pas tout à fait mortel », votre manière de filmer est nerveuse, presque instable. Est-ce un parti pris ?

J’ai été séduite par la manière filmer de Jonathan Nossiter dans le documentaire « Mondovino ». J’ai utilisé une caméra à l’épaule sans pied. C’est d’abord l’esthétique qui m’a plu, et puis aussi le côté pratique : on capte ainsi mieux la spontanéité des gens lors de leurs témoignages.

Quel sera le sujet de votre prochain film ?

J’ai deux projets en tête : un documentaire sur l’arrivée du TGV dans la Meuse et un autre sur le développement des biocarburants. Mais je ne sais pas par lequel je vais commencer.

Classé dans: Pollution et déchets, Programme TerreTv

Cet article a été écrit par Rédaction le 7 mai 2008

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1 commentaire pour le moment

  1. lauryan 31 mai 2008 14:45

    merci isabelle pour votre DVD. Je suis une maman de la vallée du Longeau et je suis très sensible aux problèmes de la protection de l’environnement et de la santé. J’ai apprécié le dvd , j’espère qu’il trouvera écho dans la population. Le dvd circule dans l e village chez mes voisins interéssés. On essaie d’acheter des produits bio pour le jardin , pour le linge , l’entretien de la maison . Il existe plein de solutions et c’est économique.

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